Société

Abandon d’un chien ou d’un chat : un traumatisme parfois durable pour l’enfant

Abandon d’un chien ou d’un chat : un traumatisme parfois durable pour l’enfant

L’abandon d’un animal de compagnie ne touche pas seulement l’animal. Pour un enfant, voir disparaître un compagnon qu’il considère souvent comme un membre à part entière de la famille peut provoquer une profonde détresse émotionnelle et laisser des traces durables.

Pour la plupart des enfants, le chien ou le chat de la maison est un compagnon de jeu, un confident, une présence rassurante au quotidien. Les spécialistes de l’enfance soulignent que le lien affectif développé avec un animal de compagnie peut être particulièrement fort et participer à l’équilibre émotionnel de l’enfant (lire sur infochalon La présence de ce schapendoes a transformé une famille).

Selon certains psychologues et psychanalystes, jusqu’à l’âge de 4 ou 5 ans, l’enfant se perçoit souvent comme l’égal de l’animal, sans notion de hiérarchie. La manière dont les adultes traitent le chien ou le chat est alors observée et intégrée comme un modèle relationnel. Lorsque l’animal est abandonné, l’enfant peut vivre cette décision comme une injustice ou une trahison. Tristesse, colère, culpabilité et incompréhension sont des réactions fréquemment observées.

L’abandon peut même prendre la forme d’un véritable traumatisme. L’animal, considéré comme un membre de la famille, en est soudainement exclu. Cette rupture brutale peut amener l’enfant à s’interroger sur sa propre place au sein du foyer : si l’on peut se séparer ainsi d’un être aimé, qu’est-ce qui garantit qu’il ne lui arrivera pas la même chose ? Certains spécialistes estiment que cette expérience peut fragiliser le sentiment de sécurité affective et la confiance envers les adultes.

Des études menées sur l’attachement à l’animal montrent également que la perte ou la séparation d’un compagnon animal peut avoir des répercussions durables sur le bien-être émotionnel (voir annexes).

Ce qu’en disent les pédopsychiatres

Le pédopsychiatre français Jean-Marc Ben Kemoun explique que l’animal occupe souvent une place affective très forte pour l’enfant et que la violence exercée sur lui peut être vécue comme une menace directe pour sa propre sécurité émotionnelle.

« Quand un enfant voit son chien ou son chat battu, abandonné ou tué, il ne perçoit pas seulement une violence envers l’animal. Il comprend aussi que l’affection, la protection et l’attachement peuvent être brutalement rompus. Cette expérience peut altérer son sentiment de sécurité, son empathie ou, à l’inverse, favoriser la reproduction de comportements violents. »

D’où l’importance, pour les parents, d’établir transparence et dialogue. Lorsque de telles situations surviennent, expliquer les raisons de la décision, accueillir la souffrance de l’enfant et de ne jamais minimiser son chagrin sont essentiels.

Par Nathalie DUNAND
[email protected]

Annexes

Frank Ascione – Psychologue américain, considéré comme l’un des pionniers des recherches sur le lien entre violence envers les animaux et violences familiales : « Depuis 1987, les psychiatres admettent que la maltraitance des animaux est un symptôme important d’un comportement antisocial dans le présent et potentiellement dans le futur. » (Frank Ascione, Professeur de psychologie à l’université d’Utah – USA)

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À l'occasion de cette Journée mondiale contre l'abandon des animaux de compagnie, Info-chalon poursuit cette série consacrée à la protection animale.